Étape 14 - Ebden / Corryong - 112 kms - 1200m D+ 6h40 de selle

Et la voici la 2e nuit au Panthéon des nuits de «merde ». Pourtant tout l’oppose à la première : cette fois il faisait 40 degrés, il y avait des moustiques, et y avait du trafic sur la route..... l’enfer 
6h50 on se lève donc, les uns reposés, les autres épuisés, mais tous bouffés par les moustiques (j’ai dû en écraser 40 dans la nuit entre mes mains).
A l’ordre du jour, une ancienne voie ferrée réaménagée en piste « Gravel » pour vélos qui doit nous mener au pieds du Mont Kosciuszko à plus de 100 km de là. 
Nous partons tous motivés mais déjà fatigués par cette étape. 
La piste nous fait longer le lac Hume (lac artificiel) par le sud sur 30 km. C’est plat et joli, nous sommes sur une piste en terre reprenant le tracé de l’ancienne voie ferrée et ça se sent car les pourcentages sont assez faibles. 
Nous longeons donc ce lac « Hume », qui doit être un peu bas en cette saison car de nombreux eucalyptus inondés depuis des années font apparaître leur silhouette fantomatique au dessus du niveau du lac. Des pélicans, des ibis, et de nombreuses espèces d’oiseaux se partagent les bords du lac. 
Km 30, Tallangatta, fin du lac, nous faisons halte dans une boulangerie pour y dévaliser la vitrine. Objectif suivant : Koetong au km 60, seul endroit pour se restaurer sur le parcours. Je ne sais pour quelle raison, mais nous prenons par précaution des sandwichs, « au cas ou ».
Le parcours qui suit nous fait monter à 650 m d’altitude, il fait chaud, très chaud même. Des orages grondent tout autour, mais c’est sec, pas une goutte à nous donner pour rafraîchir les machines. Il fait lourd comme jamais auparavant, et on tire sur nos provisions d’eau (gourdes) sans retenue, sachant qu’à Koetong nous aurons tout pour refaire le plein.
Le col est dur, on s’accroche à nos guidons. Koetong enfin fait son apparition. Alors, Koetong, ça a sûremen eu sa période de gloire y a 100 ans, mais aujourd’hui, cela se résume à un pub en vente et 2 maisons ..... Olive, assoiffé comme nous tous, se dit que c’est l’occasion de placer un sprint 200m avant le  pub pour marquer le coup. Son premier sprint depuis Hobart ! Nous rigolons tous de le voir nous dépasser jusqu’à ce qu’on voit, à sa mine déconfite, qu’il y a un blem ! Un sérieux même : le café est fermé les lundi et mardi...les rires font place à la désillusion. 
En résumé : il est 14h, 38 degrés, nous avons roulé 60km et grimpé 1000m de dénivelés, nous n’avons plus une goutte d’eau et le prochain « ravito » est dans 50 km (à l’arrivée à Corryong). Nous qui consommons depuis Melbourne nos 2 litres à l’heure.... C’est tendu.
Nous faisons quand même la pause sandwich (heureusement qu’on les a achetés) puis remplissons dans une énorme cuve nos gourdes.... d’eau de pluie récoltée depuis les gouttières (du bar fermé). Cette eau datant des dernières pluies (il y a facile 1 mois) est garantie 100% dysantrie...mais nous la gardons précieusement pour le dernier souffle. 
14h30, il est temps de repartir. A quoi bon rester au bord d’une route devant un café fermé ? Nous entamons donc la fin d’un col qui nous mènera à 760m d’altitude. En haut pas de vraie pause. Assoiffés nous souhaitons juste entamer la descente qui nous mènera au terme de cet étape.
La route entre Koetong et Corryong (donc entre le km 70 et 110) restera tout de même dans nos mémoires, pas seulement pour la soif, mais par sa beauté. En effet, celle-ci serpente dans la steppe Australienne telle que nous la visionnons tous 
lorsque nous évoquons le pays des kangourous. C’est vallonné, il y a de la faune partout et surtout c’est sauvage à perte de vue.
Km 110, le dernier sprint se prépare aux abords du bled « Corryong », certains ont touché à leur eau de pluie, d’autres non. Ce qui est sûr c’est que nous terminons tous avec une langue en bois. Notre premier et dernier arrêt dans ce village (d’un seule rue) se fera devant le pub qui est ni plus ni moins le saloon de la région. 
A l’heure à laquelle j’écris, nous y sommes encore. Nous y avons trouvé : bières (par gallons), repas, et chambres à un prix dérisoire, et surtout des « locaux » curieux viennent discuter avec nous, « les étrangers à vélo », et c’est ce qui fait partie de la richesse de ce voyage.




Commentaires

  1. Que dire après ces témoignages ....
    Des moments inoubliables entre copains ! CHALEUR SOIF MOUSTIQUES INSOMNIES .....
    font-ils rêver : ça c'est la question?
    Pour ma part , je vais me coucher dans un bon lit douillet
    Salut la troupe et gardez le moral
    Biz
    Ch.T

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  2. Manque plus que le banjo

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  4. Celle étape a du vraiment être dure... mais dans votre infortune pensez à ceux restés à la maison qui connaissent que les nuages et la pluie depuis 1 mois.... Ce matin la seine est à + 6 mètres, Inondations everywhere et email professionnel reçu demandant la plus grande vigilance...
    Quel contraste avec l'Australie !

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  5. Hello Guys ! Quelle épopée ce bike trip au fin fond de l'Australie. ça impose le respect, l'admiration et un peu la frousse aussi, entre la chaleur, les bêtes (petites ou grosses), l'intensité de chaque km parcouru, le peu de sommeil, le trop plein de bières,... Bref, c'est exaltant de vous lire, un peu comme si on était dans vos sacoches (un peu plus tranquille quand même pour nous :-)). Vous êtes mes nouveaux héros, je vous suivrais même jusqu'à Nogent le Rotrou s'il le fallait !!! Merci pour tous ces moments partagés et bravo pour vos exploits, vos récits, que je bois comme du petit lait quasiment chaque matin. Vous aurez bien mérité les requins de Bondi Beach, de la gnognote désormais pour vous... Bonnes roots ! Bertrand (admirateur anonyme)

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