Etape 15 Corryong / Tom Groggin camp - 83 kms D+ - 1800 5h45 de selle

"A l'assaut de Nathalie"

Dernière partie de notre voyage. Et comme pour le tour de France, la troisième semaine est souvent un feu d'artifice. Et bien nous ne dérogerons pas à la tradition : cette dernière semaine s'annonce haute en couleur avec au programme la traversée du massif montagneux le plus haut d'Australie, la traversée de la capitale australienne (Canberra) et l'arrivée triomphale à Sydney.

Déjà cette nuit le feu d'artifice a commencé. Comme on pouvait s'y attendre, l'orage a pété. Un bon vieux orage d'été avec de la lumière comme en plein jour et de belles trombes d'eau. Au chaud (même très chaud) dans notre lit, on est mieux que sur nos vélos pour affronter ce déchaînement du ciel.
Donc départ ce matin pour la traversée du massif du mont Kosciuszko (tiens, je ne savais pas qu'elle était d'origine australienne) : le mont Kosciuszko a la particularité d'être la montagne la plus élevée d'Australie avec une altitude de près de 2.300 mètres. Altitude somme toute modeste pour ce pays aux mensurations hors normes. Mais il présente également la particularité d'être protégé par un immense parc naturel occupé par une forêt dense principalement d'eucalyptus et, bien entendu, d'une faune particulièrement importante. Mais nous y reviendrons.

Après la longue étape d'hier, nous avons du mal à décoller de la petite ville de Carryong, de sa tranquillité et des sourires des gens. On sait surtout ce qui nous attend en terme d'efforts : depuis que nous avons chargé les cartes en relief de notre ami Google,  nous savons précisément à quelle sauce nous allons être mangé. 

Dès la fin du petit déjeuner,  réunion de brainstorming afin de savoir comment nous allons affronter cette difficulté. Trois engueulades et deux claquages de tentes plus loin, nous décidons à l'unanimité de prendre la Kosciuszko par le Sud par un col à 1.600 mètres .
Pour cela nous commençons par rouler jusqu'à la petite ville de Khancoban, ville d'entrée du parc naturel de Nathalie. Nous nous rendons tout naturellement au syndicat d'initiative afin d'avoir l'avis d'un expert afin de valider nos options.
Nous ne serons pas déçus.  La conseillère, qui n'a jamais dû toucher un vélo,  nous indique où poser nos tentes 50 kilomètres plus loin : elle nous explique que la route est "up and down" sans difficulté majeure jusqu'au pied du col que nous franchirons le lendemain pour nous rapprocher du Kosciuszko  (nous partons de 300m. d'altitude et nous arriverons à 400m.) Elle nous indique également que nous trouverons de l'eau pour nous rafraîchir une fois à destination.
Nous avions eu un doute lorsque nous avions vu que la ville avait reçu des récompenses touristiques de 1950 à 1992. Et rien depuis. Est-ce en partie grace à cette conseillère hors norme ? Pas d'eau au camping, un col à 1.000 mètres et deux autres à plus de 800 mètres qu'elle a omis de nous signaler. Alors oui, nous sommes bien à 500m. D'altitude à l'arrivée. Mais entre temps nous avons fait 1.800 mètres de dénivelé.  Et les jambes s'en souviennent avant d'en faire au moins autant demain.

Voilà pour la partie ronchonnement. Car pour le reste, quel bonheur ! Ceux qui ont le plus souffert ne partageront peut-être pas mon enthousiasme. Cette forêt aux odeurs divines, cette tranquillité seulement contrariée par le cri des oiseaux (cacatoes,  perruches multicolores, R2D2 sorte de pie qui émet des bruits métalliques) : on se prend à rêver de voir des koalas présents dans ces forêts mais très  difficile à apercevoir tant il déborde d'activité shootés par l'eucalyptus qu'ils machouillent du matin au soir.

Mais nous serons récompensés en voyants des serpents (des tout noirs bien méchants que nous observons à distance), des kangourous, un ėmeu (mais qu'est-ce qu'il fait donc là ?).
Nous installons nos tentes au bord de la rivière en plein milieu de ce sublime parc. Nous sommes seuls. Ou presque. Pendant que nous installons notre camp, que nous nous lavons dans la rivière,  que nous faisons un feu de camp pour préparer le repas, nos amis kangourous s'installent autour de nous. Indescriptible.

Nous sommes hors de nos repères.
Nous mangeons un riz cantonais lyophilisé au bord de la rivière en regardant des kangourous.

Que dire de plus ?















Commentaires

  1. Et les koalas roses, vous les avez vus ? Quel pays magnifique ! JC

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