Etape 2 - New Norfolk / Ouse - 75km - 1700m de dénivelés

"Bienvenue sur le Tasmanian Trail"

Et oui, cette information avait été un peu zappée lors du résumé d'hier. Nous avons rejoint le Tasmanian Trail en fin d'étape d'hier. Nous voilà donc sur ce chemin mythique qui a alimenté nos pensées pendant de nombreux mois (bien après nos familles et nos préoccupations professionnelles, bien sûr...).

Mais avant de résumer l'étape du jour, je n'ai pas trop su comment aborder le sujet. Alors, j'ai mis bout à bout les mots qui me sont venus à l'esprit : difficulté,  matelas, difficulté, chaleur, difficulté, forte pente, difficulté,  "trouver la trace", difficulté,  voir la faune locale (bien que), difficulté,  trouver un point de chute pour la nuit.

Comme à chaque voyage, la première nuit sous la tente est sujet à toutes les discussions. Et bien sûr l'anecdote à rapporter porte sur un campeur-né, en l'occurence sur moi, le narrateur du jour (Gilbert). Après avoir oublié mon casque en France, explosé une sacoche à l'arrivée,  mon matelas a été sournoisement crevé : la première nuit a donc été particulièrement pénible.  On a beau avoir été tongue de bronze 2016 et sardine d'argent 2017, le sol est bien rugueux. Ca a rustiné sec à la pause de midi. Et l'enquête est en cours pour connaître l'origine de ce sabotage.

Le fait du jour : la chaleur. Pour ceux et celles qui sont pris dans la froideur de l'hiver (donc tous nos lecteurs...) cela doit vous paraître être une chance. Certes, mais sur un vélo, en plein effort,  cela devient vite un handicap.

Cette première journée sur le Tasmanian Trail (Tassie Trail par les locaux) nous a rappelé que dans Tassie Trail il y a le mot trail. Et qu'un trail ce n'est pas que pour les cyclistes. Les pourcentages extrêmes sur du goudron font partie du jeu mais lorsque ceux ci s'envolent au-dessus des 20/25% sur du chemin instable et rocailleux, là celà devient problématique avec des vélos chargés à plus de 30 kgs. Et comme hier, nous avons de nombreuses fois poussé nos vélos. Et quand nous avons pu pédaler, ce fut parfois au milieu d'herbes hautes : nous avons eu plusieurs fois l'impression de piloter un brise-glace faisant sa trace dans une végétation dense. Mais ne vous méprenez pas, les paysages autour de nous sont superbes : les forêts d'eucalyptus s'enchainant avec des vallées verdoyantes puis des paysages désertiques et arides totalement lunaires.

Mais contrairement à ce que nous pensions, le Tassie Trail n'est pas parfaitement fléché.  On a parfois l'impression que le budget de fléchage était limité et qu'ils ont fait avec les moyens du bord : un signe de temps en temps et puis basta. Il y a eu quelques demi-tours et donc quelques grognements (c'est bon signe, le groupe vit bien !). Mais comme toujours, les galères sont sujet à de belles rencontres. Bien paumés au milieu de nulle part, François et moi rentrons dans la seule batisse du coin : une vignerie. La magie s'opère (malgré les premières difficultés habituelles de compréhension). Ni une ni deux, le propriétaire prend sa voiture pour nous ramener sur la trace que nous avions perdue. Et comme on passe devant sa maison, il fait un stop pour nous présenter sa famille et offrir à nous sept, des rafraîchissements et des glaces. Cool, sympa, serviable.

Malgré les difficultés de cette journée,  nous avons ouvert le compteur "animaux sauvages". Tous avec des fortunes diverses, nous avons vu nos premiers animaux sauvages australiens vivants : cacatoes, wallabies, echidnas (sortes de porc-et-pics). Bien sûr,  il a ceux qui ont vu et ceux qui pensent avoir vu. Je dis ça,  je dis rien...

Mais toutes ces difficultés font que les heures passent et que la ville ciblée ("Ouse", au beau milieu de la Tasmanie) donne le sentiment de s'éloigner (donc je résume,  plus on se rapproche et plus on s'éloigne. Mais la c'est la fatigue et la chaleur qui commencent à nous monter à la tête). Cependant 19h00 approche : pas de camping, pas de nourriture (enfin si, 500 grammes de pâtes et du riz cantonais lyophilisé, un vrai festin en vue). Mais comme souvent, la magie s'opère.  Ouse, 200 habitants, une station service et une boite à lettres a aussi un hôtel-restaurant. Et bien il tombe littéralement du ciel. Même si en y regardant de plus près il ressemble à... et bien je ne sais pas trop. La maison hantée de Disney, un saloon de l'ouest américain lors de la ruée vers l'or.  Mais des chambres nous attendent,  un bon repas, des gens souriants (par contre ceux du bar ne parlent probablement pas anglais, ou pas celui qu'on nous apprend à l'école).









































Commentaires

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  2. Mauvaise pioche ! Plates excuses à François ... Gilbert, c'est donc toi le poissard sans casque :)
    En tout cas, jolie série de feuilletons sur la Tasmanie. Continuez comme çà.
    Vous êtes des Warriors ! JC

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