Etape 3 - Ouse / Bronte Park - 70 kms 1500 m de dénivelé
Après une nuit réparatrice, qui a permis de nous re-hydrater, panser les plaies, et remplir les estomacs dans ce somptueux hôtel aux allures de maison hantée , nous voila repartis sur nos fidèles montures.
2 options au menu : une piste sur 75 bornes sans ravitaillement jusqu'au soir à Miena (donc obligation d'aller au bout), une route sur 90 bornes pour Miena avec une option de stop à Bronte Park au bout de 70 km. Vu les efforts de la veille, les restes d'insolation et les dénivelés prévus, après divers échanges, un copil, un coproj, un costrat et deux cellules de crise, nous décidons de nous rabattre sur l'option goudron.
La route commence par serpenter dans la "pampa" tasmanienne. Le temps vire au gris et on verra plus tard que c'est un signe à ne pas négliger. Le peloton s'étire gentiment et le groupe en mode croisière profite des paysages secs et jaunis de la plaine centrale de la Tasmanie.
Question faune, la Tasmanie nous régale de toutes ces bizarreries : les cacatoes au sommet des eucalyptus hurlent à notre passage, des corbeaux géants en face leurs répondent et tentent d'hurler plus fort, des vaches poilues nous regardent bêtement avec leur regard bovin, pas mal de moutons aussi mais tous avec une queue (je suis franchement pas habitué à ça, à tel point que je découvre que les moutons ont une queue....!!), et enfin les fameux wallabies plus discrets qui jouent à cache-cache avec nous.
Enfin je vais aborder un sujet moins drôle, mais horriblement réel, mais la plus grande variété de faune que la Tasmanie nous procure, est belle et bien morte et souvent éparpillée en plusieurs morceaux devant nos roues. C'est effarant ! De l'ordre de 2-3 cadavres au kilomètre ....par contre la variété est digne d'un zoo : kangourous, opossums, wombats, serpents, lézards géants, et enfin le plus célèbre d'entre eux, le diable de Tasmanie ! Le tout éparpillé comme Morales (celui qui voulait voyager).
Et oui, vraiment pas marrant mais nous pouvons dire que nous avons vu aujourd'hui deux diables de Tasmanie mais que leur état ne leur permettra pas de donner une chance de survie à une race en danger...
Bref, kilomètre 40 après 1000 m de dénivelé, 54 côtes et un début de pluie naissante, nous debouchons sur une ancienne ville minière Tarralhua qui s'est recyclée dans la production hydro-électrique. Quelques lodges très proprés et surtout un café / musée à l'honneur des premiers pionniers du coin. Nous nous en moquons éperdument car : ON A FAIM ! Très faim même... il est 14h45, on pille les soupes, et les sandwichs restants tel des diables de Tasmanie....15h, on somnole...dehors, il pleut averse. Nous sommes fiévreux, c'est le fameux effet 3e jour, le plus dur. Il est temps de repartir, sinon on y reste tous (à dormir dans le café, pas l'affolement ).
15h15, sous une pluie battante, nous dėvalons en 5 minutes 500 m de dénivelé qui nous ont couté tant d'efforts avant la pause repas...quel sport de con le vélo. Tout çà pour franchir un pont en contrebas. Et hop cest reparti pour 6 km de col sous une pluie battante. La forêt est tropicale, rien à voir avec les paysages jaunis et secs de la plaine. On mouline, c'est le seul moyen de faire monter nos vélos de 30 kgs. Vu à chaud, sur le moment c'est pas drôle, mais en écrivant ces lignes au chaud et au sec, je repense aux parfums. Quels parfums messieurs-dames ! Les forêts d'eucalyptus avec l'humidité ambiante donnent tout ce qu'elles ont dans leurs feuilles. Top !
On nous avait prévenu que la Tasmanie pouvait avoir 4 saisons en 1 journée, on se moquait des proverbes, mais nous terminons cette journée trempés et transis de froid alors que certains d'entre nous souffrent encore de l'insolation et des brûlures de la veille...bon finalement on va écouter les proverbes. D'ailleurs, j'écrit ce récit dans un hôtel/lodge, au coin du feu, à 800m d'altitude au milieu d'une forêt tropicale....c'est étrange !
Petit apercu de ce qu'il se passe autour de moi : Gilbert discute du futur des banques, Wandsel et Laurent l'écoutent, Olive débat sur le sujet en se frottant le ventre, Francois est déjà au lit, Luc cherche le wifi.....ce n'est que le début de l'aventure.
Alors coûte que coûte, on tient le planning !! La pluie ne vous arrête pas :)
RépondreSupprimerChapeau !