Etape 4 : Bronte park / Arthur's lake - 53 km - 770m de D+
"Changement de temps"
Nous avions eu un aperçu hier en fin de journée. Nous en avons eu confirmation ce matin alors que nous étions encore blottis au fond de la couette. En sortant les mains et les épaules de ce nid douillet, il y avait comme une forme de fraîcheur. Et puis le premier grain de la matinée s'est abattu sur le toit du lodge, et on a tous pensė que la journée allait être longue.
Lors de notre première nuit à Hobart, la propriétaire de l'hôtel nous avait expliqué qu'il y avait deux Tasmanie : la partie Ouest exposée au rugissants du Pacifique et donc très humide et la partie Est, plus sèche car protégée par les montagnes centrales de l'ile. Notre tracé étant un axe sud-nord passant par le centre de l'ile, je pense que depuis hier nous sommes du mauvais côté. On va régler nos boussoles pour basculer du bon côté ("may the side be with us").
Le rayon de soleil qui accompagne nos premiers coups de pédale ne nous fait pas oublier qu'il fait 7 petits degrés au compteur de nos vélos. Bien loin des 35 degrés au soleil d'il y a 2 jours à peine. Bienvenue en Tasmanie. Et comme nous l'avons dit hier, nous sommes à 700 mètres d'altitude ce qui n'arrange rien.
Dès le départ nous nous attaquons à une longue montée de plusieurs kilomètres qui doit nous amener à prés de 1.100 mètres. Et dans ce genre de situation (montée, froid, grains de pluie très fraiche), on ne sait jamais comment s'habiller : on ne sait jamais s'il faut mettre le blouson de pluie (dans lequel on transpire), le pantalon de pluie (dans lequel on transpire), les surchaussures (dans lesquelles on...). Donc le plus simple est de suivre du regard Olive, le météorologue du groupe. S'il ne met aucun habit de pluie, c'est qu'il va pleuvoir dans la minute. S'il met ses habits de pluie, c'est qu'il va s'arrêter de pleuvoir dans la minute. C'est simple, ça marche à chaque fois, et c'est bien pratique.
Bon vous l'avez compris : il fait froid, ça pleut par averse et ça grimpe. Heureusement que la montée se fait au milieu de nos désormais amis, les eucalyptus, bientôt relayés par des pins de plusieurs espèces, a piori une des plus grosse concentration de toute l'Australie. Et puis de temps en temps, un wallabie traverse devant nos yeux encore émerveillés (il parait qu'au bout du centième on se lasse, mais c'est loin d'être notre cas).
11h30. Après 2 heures de vélo intenses. La journée a failli basculer.
Tout d'abord, Luc a pété un boulon. Enfin plus exactement, un boulon tenant son porte bagage s'est sournoisement envolé. Réunion d'urgence, cellule de crise : finalement, un bon vieux collier fera l'affaire. La cellule de crise est dissoute et chacun reprend son vélo pour arriver au seul lieu civilisé du coin.
Devant nous se dresse un hôtel, bar, restaurant, lounge avec feu de cheminée, wifi : la civilisation et la tentation nous tendent les bras. Comment résister, au moins dans un premier temps, à un bon repas. On en profite aussi pour étaler nos vêtements trempés devant la cheminée. On se restaure. Et on se décide de la route à poursuivre. On remonte donc la cellule de crise. On s'arrête là pour aujourd'hui, on repart pour le prochain camping annoncé à 25kms, on part camper en sauvage quelque part sur ce plateau froid, venteux et pluvieux à plus de 1.000 mètres d'altitude ?
Même Francois, dans un mauvais jour avec une bonne crève depuis le matin, se verrait bien rester. C'est dire...
Mais la raison l'emporte, nous reprenons la route dans le froid pour rejoindre le prochain camping.
Nous voilà atterris au bord du lac d'Arthur dans un camping occupé essentiellement par des pêcheurs de truite.
On installe les tentes, on allume un feu. Transis par le froid, on va manger à 18 heures et on va aller se coucher en attendant le retour du beau temps.
On n'aura pas amené nos vêtements de pluie et nos laines polaires pour rien.
J'adore ce feuilleton. Quelle bonne idée de raconter au quotidien ce voyage...
RépondreSupprimerC'est ça qu'est bon.
RépondreSupprimerComme dirait l'autre
Tenez bon les gars, après la pluie et le froid, le soleil revient.
RépondreSupprimerL'odeur des eucalyptus sous la pluie et le froid est toujours aussi forte ?
Mes 2 cyclistes sont montés aujourd'hui au barrage de la Dixence !
A croire qu'une fois qu'on pratique ce sport ça rend un peu fou !!!
Une bise à tous
La Traca
C'est fou cette ligne de démarcation entre l'ouest et l'est avec de si grandes différences climatiques!! Avec le froid, la pluie...c'est moins drôle mais l'aventure en est plus belle....On continue ....
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